INTERVIEW#5bis



Suite de l'interview de Margaux Motin

Comment t'es tu retrouvée à faire du dessin de presse,? C'est ce que tu avais imaginé?

Les rédactions de magazines sont les premières portes auxquelles j’ai frappé. Et les premières portes à s’être ouvertes. J’ai vraiment commencé à bosser quand les rédac chefs de Muteen m’ont donné ma chance il
y a 6 ans. C’est le dessin de presse qui m’a lancé.

Comment vois tu ton travail dans 10 ans?

Je n’ai aucune idée préconçue de ce à quoi ressemblera mon travail dans 10 ans. Techniquement ça m’est assez égal. En revanche, ce qui compte c’est que je sois capable de m’adapter dans les 10 prochaines années, de continuer à évoluer, de ne pas rester coincée dans une voie facile et toute tracée. J’espère que l’échange avec le lecteur continuera aussi d’évoluer, de s’enrichir. Je ne fais pas ce métier pour moi toute seule, je n’en retire rien si de l’autre coté il n’y a personne pour le recevoir.
J'ai remarqué que tu n'as pas de site, ce qui souligne l'importance de ton blog.
A quel moment l'as tu créer ? Avant ou après tes premières publications?
Est ce que c'était pour suivre un certain mouvement de mode, ou ton blog s'est imposé comme une nécéssité dans ton boulot?
Qu'est ce qu'il t'apporte dans ton travail?

Initialement j’avais un site Internet tout ce qu’il y a de plus classique. Il me servait de vitrine, comme je n’ai jamais eu de book papier, il me permettait de vendre mes images et servait de plateforme d’accueil pour mes clients. Mais l’agence qui l’a conçu a déposé le bilan du jour au lendemain, disparaissant avec tout le contenu. Je ne pouvais plus intervenir dessus, je l’ai donc laissé mourir tout seul sur la toile. C’était début 2008, et il me fallait d’urgence un autre moyen de communication pour mettre en avant mon boulot. Le blog s’est imposé comme le moyen le plus rapide, efficace et économique. Je l’ai construit en une journée, sans la moindre idée de la direction que ça allait prendre. Mais pour répondre a ta question, mon blog a 8 mois a peine alors que mes premières publications datent d’il y a 6 ans ! Je suivais plus un véritable besoin professionnel qu’une mode. J’étais inculte en matière de blog bd à l’époque, je n’avais aucune idée de l’endroit virtuel où je mettais les pieds. En revanche aujourd’hui, je suis en mesure de faire un petit bilan des ces derniers mois et il faut bien admettre que le blog s’est avéré beaucoup plus efficace que le site Internet au niveau des retombées pro. Mon périmètre géographique s’est élargi, je bosse plus avec l’étranger aujourd’hui. Et la période où je devais démarcher les clients comme une crevarde est terminée. Ce sont eux qui viennent me chercher. C’est hyper gratifiant. Qui plus est on ne me demande plus de travestir mon style comme ça a pu être le cas avant. On vient me chercher pour mes images, mon ton, un univers qui correspond à une demande à un instant précis. Là aussi en tant qu’artiste c’est juste le luxe. Et puis humainement parlant, j’ai fais des rencontres qui ont vraiment bouleversé ma vie. Je suis quelqu’un de chair donc j’ai parfois du mal a gérer l’inévitable distance qu’impose l’outil Internet, mais quoi qu’il en soit, mes internautes, je sais que ce ne sont pas les miens mais c’est un possessif affectif, mes internautes m’apportent une énergie de dingue. Il y a ce répondant, ce flux, je ne sais pas, c’est énorme. Je me construis sur leur dos, je ne sais même pas s’ils ont conscience de ce qu’ils me donnent.

Tu te la joue pouffiasse et on aime ça, parce que que tout le monde en est une ou en a une comme amie. La pouffiasse, c'est tendance!
Quelle est la part de vérité là dedans?
A quel point t'inspire tu de ta vie privée?

La pouffiasse moi je l’aime bien. Elle n’a rien à voir avec la connasse arrogante ou la pétasse décérébrée. La pouffiasse c’est juste la part de féminité exacerbée et super assumée qu’on a en soi. Je me fout d’être ridicule parce que je glousse comme une pintade devant une paire de godasse. Ou parce que j’aime bien avoir le cheveu soyeux. La pouffiasse elle est super déculpabilisante. Tu es là, tu gères ta vie comme un chef d’entreprise, parce que c’est le bordel, que c’est compliqué, que ça va vite et qu’il faut assurer. Tu te bats, tu en veux, tu retrousses tes manches, et tu t’uses parfois dans des réflexions douloureuses sur la vie. Tu es un être humain pas trop con quoi. Mais c’est fatigant. Et souvent si tu prends deux minutes pour te regarder, c’est limite flippant. La pouffe qui est en toi elle te donne de la légèreté. Rien n’est grave, elle se marre, elle raconte des horreurs, elle parle de bite a chaque phrase, elle est hyyyyyyyyyyyyper contente de son nouveau gloss. Moi elle me fait du bien. Chaque anecdote racontée sur le blog est vraie. Chaque histoire puise dans un événement vécu. Seulement c’est vu par la pouffe. Je suis comme ça dans la vraie vie. Je ne suis pas sérieuse, rarement grave, le quotidien est déjà tellement lourd si tu dois te rajouter une couche de merde en vivant chaque chose avec trop de profondeur , moi perso, je ne m’en sors pas. De toute façon je ne sais pas faire. Et puis j’ai même pas envie d’essayer.

Le mot de la fin:

internaute ma petite reinette frétillante aux yeux comme un long chant d’amour, puisse ta journée scintiller de toute la force et de toute la lumière d’un soleil d’été caressant l’océan, paix et amour sur toi, lancé de dragibus dans tes cheveux, pâte a chou dans ton cœur.

Et merci Corail.

2 commentaires:

  1. Oh Margaux merci merci merci je te aime tant et tant et tant de tout mon gros cœur obèse de fan inconditionnelle.
    Léna <3

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  2. Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.

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